Lundi 25 mars, une journée comme mille autres

8h55 : mes élèves entrent en classe, c'est un groupe de 3èmes, 4èmes et 5èmes (le passage en dispositif a multiplié les heures de travail en groupe, pour des raisons d'emploi du temps).
Nous commençons une leçon : un texte sur la famille, nous l'expliquons dans le calme, c'est le matin, ils sont tous encore un peu endormis.
9h30 : un surveillant m'amène un nouvel élève, D., un petit colombien. Je n'ai pas été avertie : je suis au courant de son arrivée, puisque je l'ai testé  et que j'ai suivi les péripéties de son affectation, mais je n'ai pas eu de date. J'explique que je ne peux le prendre maintenant, je suis en train de faire cours, il doit faire son entrée sur le dispositif dans de bonnes conditions : je le prendrai après la récré de 10 heures. Le surveillant accepte gentiment de l'emmener visiter le collège. Les explications m'ont pris 10 minutes, j'ai à peine le temps de faire ce qui était prévu avant la sonnerie.
10h15 : je suis avec les 6èmes et les 5èmes, je présente D. à ses nouveaux camarades et leur demande de bien s'occuper de lui (ne pas le laisser seul dans la cour, le récupérer s'il est perdu dans les couloirs, m'avertir s'il y a un souci...) puis je les lance sur une activité d'écriture qui me permet de m'occuper un peu du nouvel arrivant : une fiche de vocabulaire, les verbes de base et un exercice qui vont être l'occasion de vérifier si tout est en place (attitude scolaire, ce qu'on appelle "faire son métier d'élève", maîtrise de la lecture et de l'écriture, autonomie...).
Je suis ravie, D. est très sérieux et travaille rapidement comme s'il avait toujours été avec nous : son arrivée en milieu d'année scolaire va être facilitée par ses dispositions naturelles !
11h : séance d'activité orale avec C., l'assistante d'éducation, on va utiliser la mallette achetée sur les crédits de la classe aux Rencontres de la photographie d'Arles. Les élèves se font deviner des photos. Eux le font avec des mots, D. lui, a droit de le faire avec un dessin. La séance se passe à merveille, ils aiment jouer, se battre en équipes et ont déjà accepté la présence du nouveau venu.
 Midi : je déjeune en vitesse, je dois vérifier mes bulletins pour les trois conseils de ce soir et préparer les tests de l'après-midi. Je prends aussi le temps d'envoyer un texto au beau-père de D., histoire de lui donner ses devoirs, je ne suis pas sûre qu'il ait compris qu'il devait apprendre sa fiche de vocabulaire.
13h20 : une heure avec les 3èmes, pas ceux de cette année, ceux de l'année dernière, que je suis pour l'orientation, point crucial de leur parcours d'allophones, qui nécessite un suivi individualisé. Aujourd'hui, on ne fait pas comme d'habitude, leurs résultats au Brevet blanc leur ont fait perdre confiance, on va faire un entraînement au sujet de français. Je ne pensais pas les voir autant en difficulté : après un an sur le dispositif et une année de 3ème bien entamée, je pensais qu'ils seraient plus performants et moins démunis devant le sujet. On reprend ensemble les premières questions et je leur demande de faire les suivantes pour la prochaine fois.
14h20 : je vais accueillir les trois élèves que je dois tester et leurs familles (certains sont venus à plusieurs). Les arrivées se font toute l'année au gré des flux migratoires. Je les installe dans la classe, me présente et commence les tests : je garde les familles sous la main pour traduire les consignes, j'ai deux A0 et une A1 (ce sont les niveaux de langue : l'A0 ne parle pas un mot de français et ma mission est de l'amener au niveau A2 en 9 mois).
15h40 : fin des tests, je les raccompagne à la porte et enchaîne avec les conseils de classe.
Je ferai bien sûr un post sur les conseils mais il va falloir attendre ceux du 3ème trimestre, toujours bien plus cruciaux que les autres pour les allophones ! 

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