Depuis quelques temps, nous sommes sommés, dans le secondaire, de
différencier et d'évaluer par compétences (les deux étant, à mon sens,
liés) comme cela se fait dans le primaire.
Cette année ma direction m'a demandé de le faire avec mes UPE2A 6èmes. Je m'y suis pliée de bonne grâce, mais sans vraiment comprendre au départ ce que cela pouvait amener de plus à mon enseignement : je me suis bien vite rendue compte qu'en fait je le faisais déjà plus ou moins mais sans le nommer ainsi. En effet, pour résumer, je connais mes élèves par cœur et je m'adapte déjà à eux.
J'aimerais du coup, interroger leur utilité au sein du dispositif.
D'abord, pourquoi estime-t'on essentiel de les mettre en place ? L'idée est certainement de gérer la forte hétérogénéité des classes de collège. En effet, on estime que les enseignants ne prennent pas assez en compte les profils spécifiques de leurs élèves. Il est évident qu'évaluer en compétences et différencier les apprentissages en fonction notamment de ces évaluations est une bonne chose.
Les compétences permettent essentiellement :
- de redonner confiance à l'élève en lui indiquant qu'il est performant sur certains points demandés par l'enseignant
- de lui montrer précisément ce qu'il doit travailler et améliorer dans le cadre de ses apprentissages.
Différencier, c'est la suite logique : on repère à la fois les performances et les manques de l'élève et on s'attache à lui donner des supports adaptés à son profil d'apprenant, qui vont l'aider à progresser.
Je ne sais pas comment je vivrais cette injonction si j'étais encore professeur de Lettres mais ce que je sais, c'est que sur le dispositif, je passe mon temps à travailler en compétences et à différencier.
Mais je ne le fais pas forcément comme les autres l'imaginent.
Je m'explique : lorsque les élèves arrivent sur le dispositif, ils passent ce qu'on appelle un test de positionnement qui va définir leur niveau en langue française (du A0 au A2 en général). A partir de ces tests, je vais poser des objectifs individuels (en niveau de langue, en inclusions et en orientation).
Ce sont ces objectifs qui vont décider de ma pédagogie pour chacun d'entre eux.
Par exemple, un élève sérieux A0 je vais attendre de lui qu'à la fin de l'année il ait le niveau A2 et qu'il puisse commencer des inclusions en cours d'année sur certaines matières (j'essaie de savoir rapidement quelles sont ses matières préférées, celles où il est performant par exemple ou volontaire pour les intégrer et puis aussi il y a le moment de négociation avec les collègues des dites matières).
En classe, il fera partie des élèves que je solliciterai en priorité pour aider les autres, sa tâche individuelle terminée : il mettra ainsi en jeu ses compétences relationnelles et citoyennes (la solidarité est très importante sur le dispositif) tout autant que sa connaissance de la leçon (qu'il va s'approprier d'ailleurs en la reformulant).
J'ai eu par exemple cette année une excellente élève qui finissait toujours avant les autres mais rechignait à aller ensuite les aider, elle le faisait de mauvaise grâce et je voyais bien que le cœur n'y était pas. Je lui ai rapidement indiqué que nous allions travailler sur ses capacités d'empathie et j'ai été ravie de lui dire à la fin de l'année et devant sa maman, qu'elle avait parfaitement amélioré cet aspect de sa personnalité et qu'elle pouvait en être très fière.
Pour un élève peu scolaire voire NSA, je ne vais pas revoir mes exigences à la baisse, je vais aussi lui fixer des objectifs mais ils seront plus raisonnables car je vais m'adapter à lui.
Par exemple, pour mon NSA 3ème, l'objectif était de travailler avec lui son projet professionnel et de lui trouver une orientation digne de ce nom.
En termes pédagogiques, au moment des leçons, je vais lui donner plus de temps que les autres, je vais le soutenir davantage, je vais l'évaluer différemment (beaucoup d'oral, il était parfaitement capable d'apprendre par cœur une poésie par exemple si tant est qu'on puisse l'oraliser longuement ensemble ou avec l'aide d'un autre élève) car je ne veux pas qu'il se décourage et perde confiance. Pour les exercices, je vais être particulièrement attentive aussi à ce qu'il comprenne bien ce qu'il doit faire (il est souvent assis juste à côté de moi) et je vais passer le relais dès que possible (pour pouvoir m'occuper du reste de la classe) à un élève performant qui aura fini.
Je ne varie les supports que si j'en perçois l'absolue nécessité, et c'est rare.
Je préfère créer une dynamique de groupe qui me permet d'emmener tout le monde avec moi.
C'est ma façon à moi d'enseigner, on ne me l'a pas apprise, je l'ai mise en place après des mois d'observation des allophones et je sais, pour en avoir discuté avec mes collègues du dispositif, que je ne suis pas la seule à fonctionner ainsi.
Du coup le passage aux compétences s'est fait presque naturellement, dans la continuité de ce qui avait été déjà mis en place...
Cette année ma direction m'a demandé de le faire avec mes UPE2A 6èmes. Je m'y suis pliée de bonne grâce, mais sans vraiment comprendre au départ ce que cela pouvait amener de plus à mon enseignement : je me suis bien vite rendue compte qu'en fait je le faisais déjà plus ou moins mais sans le nommer ainsi. En effet, pour résumer, je connais mes élèves par cœur et je m'adapte déjà à eux.
J'aimerais du coup, interroger leur utilité au sein du dispositif.
D'abord, pourquoi estime-t'on essentiel de les mettre en place ? L'idée est certainement de gérer la forte hétérogénéité des classes de collège. En effet, on estime que les enseignants ne prennent pas assez en compte les profils spécifiques de leurs élèves. Il est évident qu'évaluer en compétences et différencier les apprentissages en fonction notamment de ces évaluations est une bonne chose.
Les compétences permettent essentiellement :
- de redonner confiance à l'élève en lui indiquant qu'il est performant sur certains points demandés par l'enseignant
- de lui montrer précisément ce qu'il doit travailler et améliorer dans le cadre de ses apprentissages.
Différencier, c'est la suite logique : on repère à la fois les performances et les manques de l'élève et on s'attache à lui donner des supports adaptés à son profil d'apprenant, qui vont l'aider à progresser.
Je ne sais pas comment je vivrais cette injonction si j'étais encore professeur de Lettres mais ce que je sais, c'est que sur le dispositif, je passe mon temps à travailler en compétences et à différencier.
Mais je ne le fais pas forcément comme les autres l'imaginent.
Je m'explique : lorsque les élèves arrivent sur le dispositif, ils passent ce qu'on appelle un test de positionnement qui va définir leur niveau en langue française (du A0 au A2 en général). A partir de ces tests, je vais poser des objectifs individuels (en niveau de langue, en inclusions et en orientation).
Ce sont ces objectifs qui vont décider de ma pédagogie pour chacun d'entre eux.
Par exemple, un élève sérieux A0 je vais attendre de lui qu'à la fin de l'année il ait le niveau A2 et qu'il puisse commencer des inclusions en cours d'année sur certaines matières (j'essaie de savoir rapidement quelles sont ses matières préférées, celles où il est performant par exemple ou volontaire pour les intégrer et puis aussi il y a le moment de négociation avec les collègues des dites matières).
En classe, il fera partie des élèves que je solliciterai en priorité pour aider les autres, sa tâche individuelle terminée : il mettra ainsi en jeu ses compétences relationnelles et citoyennes (la solidarité est très importante sur le dispositif) tout autant que sa connaissance de la leçon (qu'il va s'approprier d'ailleurs en la reformulant).
J'ai eu par exemple cette année une excellente élève qui finissait toujours avant les autres mais rechignait à aller ensuite les aider, elle le faisait de mauvaise grâce et je voyais bien que le cœur n'y était pas. Je lui ai rapidement indiqué que nous allions travailler sur ses capacités d'empathie et j'ai été ravie de lui dire à la fin de l'année et devant sa maman, qu'elle avait parfaitement amélioré cet aspect de sa personnalité et qu'elle pouvait en être très fière.
Pour un élève peu scolaire voire NSA, je ne vais pas revoir mes exigences à la baisse, je vais aussi lui fixer des objectifs mais ils seront plus raisonnables car je vais m'adapter à lui.
Par exemple, pour mon NSA 3ème, l'objectif était de travailler avec lui son projet professionnel et de lui trouver une orientation digne de ce nom.
En termes pédagogiques, au moment des leçons, je vais lui donner plus de temps que les autres, je vais le soutenir davantage, je vais l'évaluer différemment (beaucoup d'oral, il était parfaitement capable d'apprendre par cœur une poésie par exemple si tant est qu'on puisse l'oraliser longuement ensemble ou avec l'aide d'un autre élève) car je ne veux pas qu'il se décourage et perde confiance. Pour les exercices, je vais être particulièrement attentive aussi à ce qu'il comprenne bien ce qu'il doit faire (il est souvent assis juste à côté de moi) et je vais passer le relais dès que possible (pour pouvoir m'occuper du reste de la classe) à un élève performant qui aura fini.
Je ne varie les supports que si j'en perçois l'absolue nécessité, et c'est rare.
Je préfère créer une dynamique de groupe qui me permet d'emmener tout le monde avec moi.
C'est ma façon à moi d'enseigner, on ne me l'a pas apprise, je l'ai mise en place après des mois d'observation des allophones et je sais, pour en avoir discuté avec mes collègues du dispositif, que je ne suis pas la seule à fonctionner ainsi.
Du coup le passage aux compétences s'est fait presque naturellement, dans la continuité de ce qui avait été déjà mis en place...
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