25, c'est un joli chiffre, 25 :
- c'est un quart de siècle
- c'est presque la moitié de mon âge
- c'est le nombre d'élèves allophones sur le dispositif à ce jour.
25, c'est la cata : on estime (les différents rapports éducation nationale sur le sujet, dont celui de septembre 2009) qu'un groupe d'allopones fonctionne correctement entre 12 et 15 élèves.
Depuis mes débuts il y a 11 ans, je ne l'ai jamais connu : le minimum a été 18 et le maximum, je l'ai atteint aujourd'hui.
Vous me direz, et vos collègues, ceux des classes dites normales, ils ont bien au moins 26 élèves ? Et ils ont plusieurs classes !
Oui, bien sûr.
Sauf qu'on ne fait pas du tout le même travail, (et je suis bien placée pour le savoir, puisque j'ai été prof de lettres pendant 10 ans avant de travailler avec les allos) :
- d'abord, les élèves, on les a toute la semaine, on les voit entre 12 et 13 heures. Du coup, on les connaît par cœur et notre engagement n'est pas du tout le même.
- il n'est pas le même aussi car notre responsabilité est énorme : nous devons accueillir ces élèves, et les faire entrer le plus harmonieusement possible (je dirais aujourd'hui le moins douloureusement possible) dans le système éducatif français en un temps limité (9 mois alors qu'on estime qu'il faut 7 à 8 ans à un allophone pour acquérir le français de scolarisation)
- ensuite, la gestion d'un dispositif, c'est la gestion d'une hétérogénéité de malade : cette année par exemple, j'ai des élèves de 15 pays (cette année, Bulgarie, Moldavie, Roumanie, Russie, Ukraine, Tchétchénie, Tunisie, Cap-Vert, Portugal, Philippines, Gambie, Biélorussie, Italie, Colombie, Géorgie) avec 4 alphabets différents. Et je ne parle pas du fait que ces élèves ont des niveaux scolaires différents (cela va de pas scolarisé du tout à scolarisé en pointillé, à scolarisé mais pas scolaire à scolarisé et performant voire hyper performant) et sont âgés de 11 à 16 ans...
Donc, voilà, 25 c'est la cata : les nouveaux arrivants (5 depuis le retour des vacances) sont A0 (ils ne parlent pas un mot de français) et arrivent à un moment de l'année où on a déjà beaucoup avancé. On commence à étudier des textes et des notions plus difficiles et je dois différencier systématiquement pour eux tout en continuant à progresser avec les autres.
Mais là n'est pas la plus grosse difficulté : la différenciation, cela fait partie de notre travail et nous le faisons sans souci, en plus les 5 nouveaux arrivants sont d'un bon niveau scolaire et font leur"métier d'élève", ce qui facilite les choses.
Ce qui est vraiment compliqué, c'est que pour accueillir ces 5 allophones, j'ai dû "évacuer par le haut" d'autres élèves, les plus performants du dispositif, dans les classes normales du collège.
Et cela pose deux problèmes :
- privé de ses élèves les plus performants, le groupe classe devient moins dynamique et les élèves moins motivés ne sont pas "tirés par le haut" par leurs camarades.
- je dois tester encore 3 nouveaux élèves lundi prochain et ne vois plus qui envoyer sur les classes ordinaires : si je dois envoyer un élève, il ne sera pas à niveau pour que son inclusion se passe bien.
A ce jour et depuis septembre 2018, 31 élèves allophones sont passés par le dispositif : ceux qui l'ont quitté ont intégré progressivement ou dans l'urgence les classes normales du collège, en fonction des nouvelles arrivées. Pour la plupart cela se passe bien, notamment grâce au dispositif de soutien mis en place pour les ex-UPE2A. Je continue bien sûr à les suivre, comme je le fais aussi pour les ex-UPE2A 3ème. Parce que si je compte ces derniers le nombre d'élèves suivis s'élève à 37...
Du coup voilà, c'est la cata, je suis épuisée et il reste deux mois !!!
- c'est un quart de siècle
- c'est presque la moitié de mon âge
- c'est le nombre d'élèves allophones sur le dispositif à ce jour.
25, c'est la cata : on estime (les différents rapports éducation nationale sur le sujet, dont celui de septembre 2009) qu'un groupe d'allopones fonctionne correctement entre 12 et 15 élèves.
Depuis mes débuts il y a 11 ans, je ne l'ai jamais connu : le minimum a été 18 et le maximum, je l'ai atteint aujourd'hui.
Vous me direz, et vos collègues, ceux des classes dites normales, ils ont bien au moins 26 élèves ? Et ils ont plusieurs classes !
Oui, bien sûr.
Sauf qu'on ne fait pas du tout le même travail, (et je suis bien placée pour le savoir, puisque j'ai été prof de lettres pendant 10 ans avant de travailler avec les allos) :
- d'abord, les élèves, on les a toute la semaine, on les voit entre 12 et 13 heures. Du coup, on les connaît par cœur et notre engagement n'est pas du tout le même.
- il n'est pas le même aussi car notre responsabilité est énorme : nous devons accueillir ces élèves, et les faire entrer le plus harmonieusement possible (je dirais aujourd'hui le moins douloureusement possible) dans le système éducatif français en un temps limité (9 mois alors qu'on estime qu'il faut 7 à 8 ans à un allophone pour acquérir le français de scolarisation)
- ensuite, la gestion d'un dispositif, c'est la gestion d'une hétérogénéité de malade : cette année par exemple, j'ai des élèves de 15 pays (cette année, Bulgarie, Moldavie, Roumanie, Russie, Ukraine, Tchétchénie, Tunisie, Cap-Vert, Portugal, Philippines, Gambie, Biélorussie, Italie, Colombie, Géorgie) avec 4 alphabets différents. Et je ne parle pas du fait que ces élèves ont des niveaux scolaires différents (cela va de pas scolarisé du tout à scolarisé en pointillé, à scolarisé mais pas scolaire à scolarisé et performant voire hyper performant) et sont âgés de 11 à 16 ans...
Donc, voilà, 25 c'est la cata : les nouveaux arrivants (5 depuis le retour des vacances) sont A0 (ils ne parlent pas un mot de français) et arrivent à un moment de l'année où on a déjà beaucoup avancé. On commence à étudier des textes et des notions plus difficiles et je dois différencier systématiquement pour eux tout en continuant à progresser avec les autres.
Mais là n'est pas la plus grosse difficulté : la différenciation, cela fait partie de notre travail et nous le faisons sans souci, en plus les 5 nouveaux arrivants sont d'un bon niveau scolaire et font leur"métier d'élève", ce qui facilite les choses.
Ce qui est vraiment compliqué, c'est que pour accueillir ces 5 allophones, j'ai dû "évacuer par le haut" d'autres élèves, les plus performants du dispositif, dans les classes normales du collège.
Et cela pose deux problèmes :
- privé de ses élèves les plus performants, le groupe classe devient moins dynamique et les élèves moins motivés ne sont pas "tirés par le haut" par leurs camarades.
- je dois tester encore 3 nouveaux élèves lundi prochain et ne vois plus qui envoyer sur les classes ordinaires : si je dois envoyer un élève, il ne sera pas à niveau pour que son inclusion se passe bien.
A ce jour et depuis septembre 2018, 31 élèves allophones sont passés par le dispositif : ceux qui l'ont quitté ont intégré progressivement ou dans l'urgence les classes normales du collège, en fonction des nouvelles arrivées. Pour la plupart cela se passe bien, notamment grâce au dispositif de soutien mis en place pour les ex-UPE2A. Je continue bien sûr à les suivre, comme je le fais aussi pour les ex-UPE2A 3ème. Parce que si je compte ces derniers le nombre d'élèves suivis s'élève à 37...
Du coup voilà, c'est la cata, je suis épuisée et il reste deux mois !!!
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