La hors classe

Une collègue et amie a eu récemment son "entretien de carrière" (autrefois appelé "inspection").
Elle en est sortie bouleversée : à sa demande de passer en hors classe (proche de la retraite, elle espérait voir ainsi son revenu augmenter, juste rétribution de ses années sur le dispositif), il lui a été répondu qu'elle "n'était pas prioritaire".
J'ai la chance que mon compagnon gagne mieux sa vie que moi et n'ai donc pas forcément besoin de cet argent supplémentaire, contrairement à cette collègue, séparée depuis dix ans et ayant travaillé en pointillés.
Il n'empêche, je pense que les enseignants travaillant sur le dispositif devraient systématiquement obtenir la hors classe, ne serait-ce que pour avoir un semblant de reconnaissance de nos institutions. Nous avons de multiples casquettes et ne renâclons pas à la tâche, notre investissement est constant et nos responsabilités immenses.
Dans l'académie où je suis, les entretiens de carrière sont menés par un inspecteur de Lettres, je ne sais pas comment ça se passe ailleurs.
Dans tous les cas, nous ne sommes du coup évalués que sur une petite partie de nos missions :
- nous enseignons les Lettres bien sûr, et leurs exigences du second degré.
- nous avons une formation de prof de Langue et nos enseignements sont empreints des stratégies inhérentes à l'apprentissage du français en tant que nouvelle langue.
- nous abordons régulièrement l'Histoire, la Géographie et l’Instruction civique.
- nous intervenons sur les emplois du temps, en coordination avec le principal adjoint et les autres collègues, lors des inclusions.
- nous mettons en place les orientations de tous nos élèves de la 6ème à la 3ème avec un travail dantesque pour ces derniers.
- nous préparons nos élèves à deux examens nationaux, le Delf (pour les 4èmes et 3èmes) et le CFG (pour les 3èmes). 
Nous sommes polyvalents, et, je l'ai évoqué récemment, nous mettons en place des stratégies d'apprentissage innovantes (tutorat, différenciation, évaluation en compétences).
Enfin, nous nous adaptons constamment, comme l'a encore démontré le passage en dispositif où nous avons été sommés de prendre en main une petite révolution sans nous donner vraiment les moyens de l'accomplir (et pourtant ce fut fait).
Alors que penser de cette réponse faite à ma collègue ? 

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